En agriculture, nous les femmes, nous pensons être les oubliées de la nation, c'est de cette façon que je qualifie toutes ces femmmes qui ont travaillé
depuis l'âge de 13 ou 14 ans, sans statut, sans qualification, ces femmes qui marquaient sur leur papier d'identité : Sans profession...
Bref, maintenant, elles ont des retraites de misére !
La retraite de la deuxiéme personne du couple, ce qui veut dire que malgré le travail important qu'elle faisait sur l'exploitation, l'agricultrice ne comptait pas !
Je ne mets pas en cause nos maris, mais bien tous nos parlementaires qui ne comprennent pas que l'on puisse vivre au XXIème siècle avec des retraites ausssi faibles.
Mais aussi nos dirigeants syndicaux de l'époque qui n'avaient pas soulevé ce problème. A partir de 1952 il fallait que toutes les femmes aient un statut.
Maintenant on nous dit qu'il n'y a pas d'argent, mais nous avons suffisament rapporté à la nation pour qu'enfin nous soyons reconnues.
Quant aux cotisations, nous avons toujours payé ce que l'on nous a demandé et souvent ce que nous pouvions payer. Nous avons toujours travaillé avec des prix bas. Ce ne sont pas les
agriculteurs qui faisaient les factures. Nous avons été exploitées par les intermédiares et maintenant par ces groupes de l'agro-alimentaire qui
démolissent l'Agriculture française.
Tous nos parlementaires sont conscients de ce grave probléme, mais le manque d'argent, ce n'est pas notre faute. Les terres sont en partie travaillées et appellent donc des cotisations
!Quant au FISFA (celui qui doit payer nos retraites) s'il n'a pas de recettes prévues à ce jour, alors où-va-t'on ?
Les anciennes agricultrices sont très en colére...
La solidarité doit jouer ! Un peu de partage permettrait d'adoucir nos vieux jours.
Je mets en garde les parlementaires au moment des élections : ces femmes et ces hommes pourraient montrer leur désarroi.
Nous demandons, nous les femmes :
1) que toutes les polypensionnées, veuves, aient droit aux revalorisations,
2) la parité pour toutes et tous avec les autres catégories sociales, et ceci le plus rapidement possible.
GINETTE ROUSSET
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