Dimanche 31 décembre 2006
  • Sans le paysan, aurais-tu du pain ? 
  • Sans le maçon, où dormirais-tu ? 
  • Sans le tisserand, qui ferait tes vêtements ? 
  • Sans le vigneron, aurais-tu le plaisir de goûter ce nectar ? 
  • Sans l'éleveur, apprécirais-tu cette chaire savoureuse ? 
  • En un mot respecte ce beau métier de paysan. Sans lui la vie n'existerait pas !

Sully disait : Labourages et pâturages sont les deux mamelles de la France. Ne l'oublions pas, et méditons ces paroles... Certains ont tendance à l'oublier ou à l'ignorer. Les retraités de l'A.N.R.A.F ont participé, chacun dans leur secteur agricole propre, à un moindre coup, rempli le panier de la ménagére et à la force de notre pays. Ne l'oublie jamais ! Ayons un peu de reconnaissance pour les retraités de l'Agriculture en leur assurant  une retraite décente et bien méritée. Que le pays tout entier y pense... Vous avez une dette envers ces vieux  Paysans. France, pense à ceux qui t'ont nourri !!!

Jean TRICARD

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Mercredi 13 décembre 2006

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Voici ces femmes d'agriculteurs qui selon la rumeur malveillante publique ne travaillent pas pour payer les cotisations de l'exploitation (preuves contraires).
Ces conjointes d'agriculteurs privées de droits à une retraite décente, qui auront droit au premier Janvier 2007 à 484,58 euros par mois pour 37 ans et demi de cotisations (le SMIC est égal à 1.254,28 par mois pour 35 heures par semaine).

Andrée Dubois

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Dimanche 3 décembre 2006

Mesdames et Messieurs,
Mes chers amis.

J'aurais aimé, en plus du cordial et amical salut que je vous adresse, vous apporter la nouvelle tant attendue (celles-ci ayant toutes été exaucées ou en passe de l'être, nos revendications n'ont plus lieu d'être, et notre association devient obsoléte et sans motifs. Amis, vivons heureux le reste de notre âge, dans un monde sans faille et où dès qu'une erreur, voire une injustice apparaît, les anticorps de la société ont tôt fait de les résorber). Mais je m'aperçois que mon penchant à idéaliser les choses se révèle être, une fois encore du domaine du rêve.
Le privilège de l'optimisme est en général réservé à la gent politique, qui est, n'en doutons pas, assurée et convaincue d'avoir fait jusq'à ce jour le maximun en la matière, et cela sans doute, en toute bonne foi pour certains d'entre eux !
      
Vous vous doutez que nos points de vue à ce sujet diffèrent quelque peu !
Alors pourquoi les associations de retraités agricoles ?
Certainement pas pour le plaisir de revendiquer, ou par mimétisme, au regard de ce qui se passe par ailleurs ! Quelle est en effet la corporation qui n'a pas, un jour ou l'autre, sa part de raison à faire valoir, ses motifs de discordes avec la société ou le gouvernement ? A plus ou moins juste titre d'ailleurs.
Mais quelle est celle qui aujourd'hui, et depuis lontemps, détient le triste record des désavantages et des injustices à son égard ? Quelle est celle qui doit tout à la fois subir les caprices des pertubations et des anticyclones, et les brimades de ses semblables ? Sinon cette agriculture si souvent méconnue ou mal connue et méprisée ? Et dont on ne peut voir que la face positive et sécurisante vue de l'extérieur, cela depuis des décennies. J'allais dire des siècles.

Et aujourd'hui un nouvel aspect se dévoile, celui de la vie aprés la retraite de tous ces gens qui, jusque là, vivaient leurs derniéres années dans le cadre de la stucture familiale traditionnelle ; qui donc n'a pas en mémoire cette carte postale de la "veillée au coin du feu", quand les braises étaient synonymes de vie et de raison d'espérer encore pour les plus âgés !

Aujourd'hui il faut vivre sa vie de "retraité" dans toute l'expresion du terme, et ce passage souvent pénible de la séparation d'avec un monde qui a pénétré le corps et l'esprit au fil des ans prend parfois une dimension dramatique, compte tenu de la scandaleuse médiocrité de certaines retraites.
Tous les acteurs politiques, sans  distinction  de tendance idéologique, ni de grade dans la hiérarchie, sont unanimement d'accord pour reconnaitre l'évidence : "On ne plus vivre, en 2006, avec des sommes aussi faibles par mois". Mais quand il faut passer aux actes on ne se souvient pas de ce couple de paysans qui a pourtant exposé son cas avec force détails et parfois des larmes dans les yeux ; on ne connait plus cette épouse qui se demande si, avec 2 ou 300 euros par mois, voire moins pour certaines, elle est toujours considérée comme faisant partie de ce pays, à qui elle a donné des enfants qui, aujourd'hui ne cotisent plus pour elle cela alors que dans tous les pays "dits" défavorisés ou sous-développés on compte sur sa descendance pour assurer ses vieux jours ! Cette femme qui durant les périodes noires de la France, a contribué à la pérennisation de l'exploitation familiale, avec ses moyens, sa solitude et son courage... A l'heure où l'on parle de parité, on lui refuse le droit à la sérénité des derniers jours qu'elle a pourtant bien mérité.

Ne pas aider les vieux paysans à vivre dignement les derniéres années de leur vie c'est renier tout un passé, celui qui a contribué à faire de notre nation ce que nous avons voulu qu'elle soit. Ne pas leur accorder ce qui leur est dû au titre de la reconnaissance et de la solidarité, c'est aussi contribuer indirectement à renforcer une désertification, malheureusement déjà bien amorcée dans nos campagnes. C'est enfin et aussi vouloir rompre cette chaîne de l'attachement d'un pays à ses ancêtres, cela relève de la conscience humaine, nous sommes le souvenir vivant et les derniers témoins de toute une époque révolue, et dans la rubrique "terroir, racines et mémoire" si souvent évoquée, nous représentons les derniéres générations qui peuvent témoigner d'un passé dont il ne restera bientôt plus que des images d'Epinal !!!
La solution au probléme des retraites de l'agricuture relève autant de l'Humain que du financier.
Mais comment demander à une société elle même prisonnière d'un système où la "raison" et le "bon sens" sont étouffés par la technicité et la science à outrance (à preuve la découverte ces dernières années de l'appartenance des bovins, à la classe des herbivores) comment lui demander de se pencher sur le problème de la population des retraités agricoles qu'elle ne conçoit que sous l'angle de l'inutilité pesante de citoyens économiquement sans avenir, donc sans valeur !
Car il s'agit bien d'une question d'injustice sociale et de non-respect souvent des lois de notre république où le terme d'égalité des chances et des traitements figure dans les dogmes.

Alors pourquoi, entre autres, ces inégalités envers les veuves ? Pourquoi ce refus de considérer certaines femmes conformément aux statuts qui leurs sont accordés aujourd'hui ?
Pourquoi, ne pas accorder à tous et à toutes la retraite minimale équivalente aux minimum sociaux accordés à toutes les autres catégories de citoyens agrémentée d'un "prorata" en fonction de leur carriére ?
Mais il est vrai qu'on a rarement permis à l'agriculteur de pouvoir vivre normalement du produit de son travail. Serait-il alors normal qu'arrivé au terme de sa vie un "
Paysan"
ait des besoins égaux aux autres catégories sociales ?

Si  un combat revêt un respect logique et juste, le nôtre est celui-là, et il est d'autant plus méritoire que nos moyens de persuasion ne sont en rien comparables à ceux utilisés ici où là, mais notre solidarité et notre nombre au service de la cause la plus juste qui soit, arriveront à faire émerger le minimun de justice qui nous est due.
Cessons, mes chers amis de culpabiliser, d'avoir consacré notre vie au dur et noble travail de la terre, d'avoir contribué à faire de la Nation ce qu'elle est et de recevoir en retour la récompense que l'on sait...

Certes notre conviction et l' A.N.R.A.F ne suffiront pas à régler tous nos problèmes, mais je voudrais au moins vous convaincre de l'indispensable nécessité de poursuivre afin de ne pas terminer une vie d'archanement et de travail sans offrir aux générations qui nous suivent, l'exemple d'une volonté et d'une ténacité qui ont marqué toute notre existence !

                                        " Extait de l'Hymne des retraités "
                                                              Paroles de Mr Soulié

                                        Et si un jour l'horizon se colore
                                        D'un peu d'espoir amenant l'équité
                                        Nos fils diront éblouis par l'aurore
                                        "Nos pauvres vieux, comme ils ont bien lutté"

                           
                     

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Mardi 14 novembre 2006

Monsieur le Président Henri Drapeyroux,
Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Amis agriculteurs,
 
C'est toujours avec un plaisir renouvelé que j'éprouve à participer aux travaux de votre assemblée générale et à répondre à l'aimable invitation de votre Président et ami Henri Drapeyroux, et je vous apporte le salut fraternel des agriculteurs du Lot-et-Garonne.
Le Président m'a demandé de vous entretenir de l'activité de l' A.N.R.A.F.; notre association nationale qui fédére tous les départements adhérents à notre mouvement.
Plantons le décor.
L'A.N.R.A.F., nous pourrions la comparer à une pyramide à trois étages.
A la base, les associations cantonales qui regroupent les retraités agricoles, hommmes et femmes sur le terrain, qui vivent dans leur quotidien leur condition d'anciens travailleurs de la terre avec les containtes qui sont les leurs à l'automne de leur vie : soucis d'une santé défaillante, situation financiére délicate sinon précaire liée à des pensions bien trop insuffisantes et autres soucis du  3éme âge et se sentant laissés pour compte, depuis trop lontemps déconsidérés vis-à-vis des autres catégories sociales au soir d'une longue vie de travail. Mais tout de même citoyens retraités agricoles qui font remonter leurs revendications légitimes à leurs responsables départementaux : Au 2ème étage de cette pyramide, dont le Président Henri Drapeyroux rendait compte il y a quelques instants en ce qui concerne le département de la Dordogne, un conseil d'administation de 46 membres, émanation de tous les départements adhérents proportionnellement au nombre d'adhérents, fait la synthése des actions à entreprendre, reflet des aspirations de nos concitoyens. Voilà bien le 3ème étage, que conduit avec sagesse, constance, détermination, notre ami et Président national Henri Drapeyroux dans cette dure tâche : l'amélioration de nos retraites. Cette longue marche entreprise dès 1993/19994 par notre regretté leader Maurice Bouyou, toujours vivant dans nos mémoires.

Voici donc quelques flashes d'activité de l'A.N.R.A.F. en 2006.
Dans les premiers jours de Janvier, le lundi 9, à sa demande, le ministre Dominique Bussereau recevait une délégation de l'A.N.R.A.F. conduite par son Président, à la sous-préfecture de Bergerac. Nous vous en avons déjà entretenu. Le ministre était entouré de Monsieur le Préfet de Dordogne, de Messieurs les députés Daniel Garrigue et Germinal Peiro, et du Sénateur Dominique Mortemousque.
Après discussion avec les délégués, et intervention des parlementaires, le Ministre confirme la reprise des réflexions du groupe de travail réunis par son prédécesseur en 2004 et la mission confiée à Messieurs Censi et Garrigue qui doivent en dégager des propositions. Et le Ministre de déclarer qu'il s' engage personnellement à faire avancer ce dossier en 2006. 
C'est une promesse, encore une de plus, me direz-vous. La sagesse nous commande d' attendre.
Février 2006, l'A.N.R.A.F. édite "LE RETRAITE AGRICOLE" n° 7, un tirage de 40.000 exemplaires, qui rend compte de la vie associative dans les départements.
En 2005, comme en 2006, le bureau de l'A.N.R.A.F. a  souhaité porter son action prioritaire en direction des élus parlementaires, ministres, qui en fin de compte peuvent influencer sur les décisions gouvernementales. Sachant bien qu'en ce domaine le dernier mot revient toujours aux arbitrages ministériels et principalement ceux du Ministre des Finances.
Le Président Drapeyroux a adressé divers courriers tout au long de cette année aux ministres intéressés et à de nombreux parlementaires, dont un à Monsieur  Breton, Ministre de l'Economie et des Finances, lui suggérant comme il l'avait précédemment proposé au Ministre de l'Agriculture le 9 janvier, de prélever une taxe minimale sur le chiffre d'affaires de l'industrie agro alimentaire, pour alimenter le  budget des retraites agricoles, cela sans incidence sur le budget de l'Etat.
Le 26 mai, c'était à Villefranche du Périgord, l'assemblée générale annuelle 2006 de l'A.N.R.A.F, un retour aux sources pour notre association nationale née dans les années 93/94.
Ce même jour, dans la matinée, le Président DRAPEYROUX accompagné de quelques membres du bureau national était reçu à Bergerac par le Premier Ministre Monsieur de Villepin, et quelques instants plus tard par le technicien chargé des questions sociales agricoles, à qui nous remettons notre cahier de revendications.
Comme il l'avait fait en 2005, le Président DRAPEYROUX demande de nouveaux R.V. aux groupes parlementaires.
Rencontre, discussions et courrier avec eux, l'A.N.R.A.F. n'a pas ménagé sa peine.
Le 24 août 2006, en mairie de Bergerac, les députés GARRIGUE et LE FUR, député des Côtes d'Armor, chargés de mission avec Monsieur CENSI, député de l'Aveyron, présentaient à l'A.N.R.A.F. un pré-rapport relatif à la revalorisation des "petites retraites agricoles". Ce dernier reprenait en gros les conclusions du groupe de travail auquel en 2003 et 2004 avaient participé le Président DRAPEYROUX et Madame ROUSSET. Le coût de ses propositions, attendant les arbitrages ministériels et le vote du budget.
Nous croisons les doigts, même s'il nous reste encore beaucoup de grain à moudre.
Il y a de cela quelques semaines, voici que Messieurs Chirac et De Villepin, relayés par les médias annoncent que des mesures de revalorisation pour les petites retraites agricoles sont enfin envisagées par le gouvernement. Des sources dont nous disposons, il ressort qu'une enveloppe de 163 millions d'euros serait affectée à ce plan de revalorisation à dater du 1er janvier 2007, et 42 millions d'euros à partir de janvier 2008. Ce plan concernerait la revalorisation des plus petites retraites (les personnes dont la retraite aura pris effet avant le 1 er janvier 2002), "le stock" le bien nommé. 200 000 retraités polypensionnés, aides familiaux et surtout les femmes seraient concernés par cette proposition.

Mais pour le témoin que je suis, je me dois, chers amis, pour faire suite à ces diverses énumérations, de vous livrer quelques réflexions.
Les retraités agricoles de la Dordogne en  particulier et L' A.N.R.A.F. en général, ont l'avantage d'avoir des élus parlementaires au faîte de nos problémes, hommes de terrain dévoués à notre cause et  et qui tentent de réparer les injustices flagrantes qui nous accablent. J'ai nommé Messieurs Garrigue et Peiro, les députés et Mortemousque, le sénateur.
Nous devons en particulier reconnaître l'engagement du député Daniel Garrigue dans ce pré rapport, même s'il reste beaucoup de grain à moudre comme je l'expliquais il y a un instant, mais également nous reconnaissons toute l'action menée par Germinal Peiro lors de la législature précédente, avec la loi Peiro, ainsi que l'action menée par Monsieur Mortemousque, sénateur, l'un des initiateurs de la loi sur la revalorisation de 15 000 méres de famille à dater du 1er Janvier 2006. Nous leur demandons de ne pas relâcher leurs efforts : les retraités non salariés agricoles de France comptent sur eux. Puisse tous les autres parlementaires s'y référer. Nous prenons acte des engagements du gouvernement. Mais le compte n'y est pas !

Le vendredi 22 Septembre dernier, nous étions plus de 4 000 manifestants à Bergerac, une armée pacifique mais déterminée à le crier pacifiquement.
Nous avons au nom de l'égalité dont on nous rebat les oreilles, revendiqué la parité hommes et femmes pour obtenir les mêmes règles qui régissent les autres catégories sociales dans le même régime général.
La semaine derniére une édition du régional "le Retraité Agricole" n° 8 a été adressé avec une lettre d'accompagnement à tous  les députés. Tirage réservé en grande partie à la manifestation du 22 septembre de Bergerac, il rappelle à nos élus nos aspirations et nos attentes alors que se déroule en ce moment à l'Assemblée Nationale, les discussions parlementaires pour l'élaboration du budget 2007.
Des délégations départementales de notre organisation nationale ont été invitées à l'Assemblée Nationale pour assister aux débats concernant la revalorisation de nos pensions.

Voilà chers amis, les traits principaux de l' action menée par vos représentants à l'échelon national dont je puis vous assurer la détermination, la force de conviction de vos resonsables pour mener à bonne fin notre objectif unique ; justice et dignité recouvrées par tous les retraités agricoles.
Des mesures sont annoncées ! Nous voyons là une amorce de mise à plat du calcul de nos retraites tant de fois sollicité, tant de fois reporté.
L'action continue. Ensemble amis retraité, unis dans nos associations, ne baissons pas les bras ! Restons mobilisés !

NOTRE CAUSE C'EST LA JUSTICE, ET C'EST LA JUSTICE QUI AURA LE DERNIER MOT.

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Lundi 2 octobre 2006

Mesdames, Messieurs, chers Collègues,

Les retraités agricoles sont venus nombreux aujourd’hui 22 septembre 2006 à Bergerac manifester leur indignation et leur colère. Avec des montants de pension de retraite très faibles qui n’atteignent dans le meilleur des cas et, pour un couple de retraités agricoles sur quatre, que 1.000 € mensuellement alors que des charges incontournables comme les assurances (bâtiments et voiture), la complémentaire maladie, les frais liés à l’habitation (chauffage, électricité, téléphone, eau), l’entretien et le renouvellement des appareils ménagers et de la voiture s’élèvent à 800 €. Ce qui revient à dire qu’il ne leur reste que 6 € à deux, soit 3 € chacun pour se nourrir et s’habiller et... pour le muguet du 1er mai ou la Saint-Valentin ! Et que dire de la situation des couples qui, pour avoir travaillé et cotisé quelque temps dans d’autres régimes n’ont pas vu leur situation revalorisée pour "leur période agriculture" et qui perçoivent seulement aux alentours de 800 € ! Je ne parlerai pas des autres, personnes seules (veufs ou veuves) qui, aides familiaux, ne perçoivent que 500 € chaque mois alors que leurs dépenses sont quasiment les mêmes que celles des couples...

C’est un véritable scandale ! D’autant que ces citoyennes et citoyens n’ont jamais ménagé leurs efforts durant leurs longues et dures journées de travail, ni refusé de payer sur leur revenu des lourdes cotisations. Oui, je le répète, se retrouver à la retraite dans la plus grande précarité est un véritable scandale ! C’est évident et chacun le sait, nous avons un système de retraite qui n’est plus adapté à la société actuelle ! La mobilité du travail fait que la solidarité entre les générations engendre entre les régimes des disparités importantes, les jeunes se tournant, et on les comprend, vers des métiers moins contraignants et mieux rémunérés que ne l’ont été le nôtre. Pour l’agriculture, la baisse du revenu de l’exploitant entraîne inéluctablement les jeunes à partir travailler ailleurs, provoquant ainsi une énorme érosion du nombre des actifs et donc des cotisants. Il faut savoir que 90% des enfants d’agriculteurs cotisent dans d’autres régimes et plus pour couvrir le retraite de leurs anciens. D’où le déséquilibre du financement pour les retraites, les compensations n’étant pas à la hauteur de la perte.

Conclusion : vu la modicité des pensions de leurs aînés, ces travailleurs sont contraints de payer une deuxième fois, lorsque malheureusement l’état de santé de leurs anciens se dégrade et nécessite l’hébergement en établissement médicalisé dont le prix est, vous le savez, quatre à cinq fois supérieur au seul montant des pensions de retraite.

Chers compatriotes, c’est tout cela que nous sommes aujourd’hui venus dénoncer un fois encore. Depuis plus de vingt ans, nous alertons régulièrement nos élus et ils sont nombreux, toutes tendances politiques confondues, à soutenir nos légitimes revendications. Mais, dès qu’il s’agit de mettre en application une promesse ou un engagement, les différents gouvernements, de droite ou de gauche, qui se succèdent au pouvoir, invoquent sans cesse les difficultés budgétaires pour ne pas y donner suite. Le gouvernement de Villepin ne déroge pas à la règle prenant même une avance en la matière. Il a fallu attendre 2006 pour voir quelques 15.000 mères des famille bénéficier de la prise en compte dans leur carrière agricole des années affiliées au régime général pour avoir eu des enfants scolarisés pendant certaines périodes. C’est toujours intéressant pour les gens concernés mais, sur un plan général, pour les 1 million et 800.000 retraités que nous sommes, c’est une goutte d’eau dans un grand océan !

En 2006, la mission parlementaire de recherche de financement pour le F.F.I.P.S.A confié à Messieurs Yves CENSI, Daniel GARRIGUE et LE FUR a abouti à l’élaboration d’un pré-projet paru en Juillet et prenant en compte, partiellement du moins, le rapport élaboré par le groupe de travail au Ministère de l’Agriculture en 2004. Deux ans après, le voilà enfin ressorti. Ce rapport a des effets positifs sur les minorations exécrables du décret Vasseur de 1997 et permet l’ouverture de droits à revalorisation pour tous les régimes confondus aux retraités d’avant 2002 à partir de 17 années 1/2 de carrière agricole. Cependant, nous n’étions pas d’accord sur la durée de l’échelonnement et nous l’avions fait savoir par un courrier daté du 3 août en signalant la possibilité de financement sur une seule année. Dans la loi de la R.C.O. de mars 2002, il était prévu que tous les ans, en janvier, devait se réunir une commission de suivi afin d’examiner le résultat de l’exercice précédent et d’étendre éventuellement le bénéfice en faveur des conjoints et des aides familiaux. L’A.N.R.A.F. n’a pas eu connaissance des travaux de cette commission et c’est bien regrettable ! Nous avons présenté des propositions de financement pérennes axées sur l’énorme chiffre d’affaires réalisé par l’industrie agro-alimentaire et les grandes surfaces, ce qui aurait été un juste retour des choses et aurait un peu compensé les prix bas payés aux agriculteurs producteurs.

La balle est dans le camp du gouvernement. Nous lui demandons de prendre d’urgence les mesures nécessaires à l’application des engagements pris par le Chef de l’Etat dans son discours de 1998 à Aurillac : " les plus âgés des agriculteurs qui ont consacré tant d’efforts et d’énergie au travail de la terre ont droit à des pensions décentes de même niveau que celui des autres professions "... Nous serons vigilants et suivrons pour notre part avec la plus grande attention les débats et les votes du budget de la Sécurité Sociale à l’Assemblée Nationale. Tout en sachant bien qu’un vieux paysan ça ne peut plus marcher mais ça peut encore voter.

Mesdames, Messieurs, je vous remercie.

 

 

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